Rencontre avec Ludovic Demarche
Rencontre avec Philippe Cloes et Ludovic Demarche
Un mois avant les " Jours d'Emoi " nous avons rencontré deux
artistes qui seront présents lors de cette quatrième édition, Philippe Cloes
et Ludovic Demarche. Ludovic Demarche sera un artiste parmi les plus jeunes des
Jours d'Emoi, il est passionné d'art et arrive avec un projet pour le moins
original.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
L.D : J'ai suivi mes humanités en chimie appliquée puis je me suis dirigé
vers le supérieur artistique à St Luc (Liège) en architecture d'intérieur.
Cela me permettait, à mon sens, d'avoir une approche de l'architecture plus
proche des gens qu'en architecture. Enfin, j'ai passé un CAP (certificat
d'aptitude pédagogique) pour pouvoir enseigner mais une fois sur le terrain, je
me suis rendu compte que le milieu scolaire n'était pas fait pour moi. En
revanche, je me suis occupé d'animations pour enfants, ados et adultes au
Centre culturel d'Ans entre autres. J'adorais ça ! Le contact avec toutes les
générations confondues était très enrichissant, c'était vraiment un
épanouissement.
Te reconnais-tu dans un mouvement a r t i s t i q u e q u e l c o n q u
e ?
L.D : Non, je pense qu'aujourd'hui il n'y a plus de mouvement artistique à
proprement parler. Dans notre société actuelle, nous ne faisons que "
piocher " ce que nos prédécesseurs ont inventé avant nous. Je ne me vois
pas inscrit dans un mouvement en particulier. Par exemple, malgré l'étiquette
que l'on me fait parfois porter, je ne me sens pas un artiste conceptuel.
L'idée doit être présente mais la matière aussi, l'une ne va pas sans
l'autre. Dans ma démarche, je joue de plus en plus avec l'espace. Je n'arrive
plus à concevoir une oeuvre accrochée simplement accrochée au mur. En effet,
j'ai l'impression que les gens ne portent plus beaucoup d'intérêt pour ce
qu'ils vont voir, dans un musée par exemple. Je veux dire par là qu'ils ne
prêtent plus attention à l'espace et l'œuvre accrochée qui pour moi
deviennent indissociable, cela fait partie du langage de l'exposition et donc de
la lecture de l'œuvre. Pour controverser cela, lors d'une installation à
Bruxelles, je me suis amusé un jour à tendre des câbles dans tout l'espace
pour créer une structure, une mini architecture ressemblant un peu à une toile
d'araignée dans laquelle évoluait le " spectateur ". Je l'obligeais
ainsi à 2 7 regarder où ils mettaient les pieds et prendre conscience de
l'espace et de l'œuvre qu'ils venaient
découvrir.
Est-ce la première fois que tu participes aux Jours d'Emoi ?
L.D : Oui, j'en avais déjà entendu parler mais malheureusement je n'y ai
jamais participé même pas en tant que spectateur (j'ai un peu honte).
Que t'évoque un événement comme celui-là ?
L.D : J'aime beaucoup l'idée, d'autant plus qu'il n'y pas de pareille
manifestation en Belgique. Ce que j'aime, c'est de pouvoir travailler mon oeuvre
sur le moment avec le public. Ca t'apporte énormément, chacun y met du sien et
il y a comme une énergie vivante qui profite à tous. Ensuite, j'y vais de
plain-pied car cet événement apporte un certain confort, on ne doit rien
apporter sur place, on nous fournit le matériel et tout est mis en œuvre pour
que tous y trouvent leur place. Donc, finalement, on a tous à y gagner…
Et ton projet ? C'est quoi ?
L.D : J'ai eu l'idée de réaliser des cocottes en papier mais vues sous un
angle un peu différent de celles réalisées en cours de récréation quand je
n'avais que 6 ans… Maintenant j'en ai 26 et je vais me promener à travers la
salle pour photographier les gens, les artistes, leur tête, leurs yeux, leur
bouches… je les passerai au scanner, les imprimerai et j'en ferai des
cocottes. Une fois terminées, j'aimerais les étaler partout sur le sol de la
salle comme des feuilles d'automne, des flocons de neiges ou de petites
araignées à l'assaut du centre culturel
.Et cette idée de cocotte, elle t'est venue d'où ?
L.D : J'étais invité à une " flower-party", chacun devait
apporter une fleur. L'heure avant de m'y rendre, j'étais encore au bureau. Je
n'avais plus le temps d'aller chez le
fleuriste. Heureusement le logiciel photoshop, un scanner et une imprimantes
étaient installés sur mon ordinateur. La technologie fût alors au service de
mon imagination : je vais créer une fleur en papier, et pour les couleurs
j'utiliserai des photos scannées ! Suffisait de trouver un pliage spécial pour
donner une forme de fleur au papier…et comme je suis resté un gamin dans
l'âme, je me suis dit que la cocotte ce serait génial! Voilà ! l'idée était
née ! Et maintenant je l'étends à plein d'applications différentes : mots
amoureux, invitations, installations …l'art de la vie et la vie dans l'art.
Des projets pour l'avenir ? Oui, plein…au niveau artistique j'ai une
exposition prévue à Spa aux Galeries Prince de Condé, le vernissage aura lieu
le 3 septembre 2004. Le reste c'est privé !
Entretiens : Olive De Backer et Terence Deepijan.
(c) asbl
Kaosmos 2002
site Web :
www.kaosmos.be
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